La participation avant la solution
Le dispositif se construit à partir des personnes, du contexte et de la question à résoudre.
FILIATIONS DU PROJET
Responsive Mountain est un projet récent. Les questions qui le traversent - participation, interfaces conversationnelles, IA concertée, biais cognitifs et Society in the Loop - sont travaillées depuis 2016.
UNE FILIATION, PAS UN RÉCIT LINÉAIRE
RM n’est pas la simple continuation de GEnIAL. Il recombine plusieurs trajectoires : la mobilisation communautaire des Responsive City Camps, l’IA concertée (Society in the Loop), des années de pratique de la participation citoyenne, puis une architecture d’outils devenue plus réalisable avec les modèles de langage et la recherche augmentée par des corpus.
Cette histoire compte parce qu’elle montre une constante : la technique vient après la question politique, le contexte et les personnes concernées.
REPÈRES
Grégoire Japiot et Matteo Mazzeri lancent avec le Genève Lab une série de rencontres inspirées des BarCamps. Les participantes et participants construisent le programme, partagent leurs expériences et interrogent une Smart City plus inclusive.
« No smart people, no smart cities »
Un prototype multi-acteurs donne forme à une interface conversationnelle territoriale. Son nom rassemble Genève, le réseau, l’intelligence artificielle et le lien social. L’enjeu est déjà d’accéder plus simplement aux services et aux connaissances d’un territoire.
Un Responsive City Camp organisé à IdeaSquare prolonge la recherche-action avec le CERN. GEnIAL Bot devient une première brique d’un hub plus large, appuyé sur des corpus de référence, la protection des données et l’idée d’un patrimoine informationnel commun.
La doctrine se précise : les finalités, les règles et les apprentissages d’une IA ayant des effets sociaux doivent pouvoir être discutés. L’approche Society in the Loop relie gouvernance algorithmique, participation et responsabilité publique.
Les pratiques de concertation territoriale, de civic tech, de design de services et de transition enrichissent la démarche. Les intuitions antérieures se transforment progressivement en briques de travail plus structurées.
Le projet assemble ces héritages dans un studio de mobilisation : corpus contextualisés, cartographie des acteurs, simulations prudentes, serious games, facilitation et feuilles de route. La montagne sert de terrain d’intégration exigeant, sans limiter le champ d’intervention.
POURQUOI « RESPONSIVE » ?
Le mot « smart » a souvent réduit la ville à une accumulation de technologies, de capteurs et de données. « Responsive » déplace l’attention vers la relation : percevoir les signaux, écouter les personnes, comprendre le contexte, puis répondre et s’adapter.
Les Responsive City Camps ont fait vivre cette idée sous une forme très concrète : un cadre ouvert où les participants ne sont pas un public passif, mais contribuent au programme et aux réponses.
Cette conception dialogue avec l’ouvrage The Responsive City de Stephen Goldsmith et Susan Crawford, consacré à une gouvernance plus ouverte, plus réactive et appuyée sur les communautés. RM en propose une évolution : l’écoute n’a de sens que si elle peut se traduire en action, tout en gardant visibles les arbitrages et les responsabilités.
ET POURQUOI « MOUNTAIN » ?
Les territoires de montagne concentrent des défis qui rendent la coopération indispensable : ressources sous tension, mobilités, tourisme, logement, biodiversité, adaptation climatique et pluralité des usages.
Ils constituent un terrain exigeant pour apprendre à relier les savoirs, les acteurs et les décisions. Mais Responsive Mountain ne travaille pas seulement « pour la montagne » : les méthodes sont conçues pour d’autres territoires et organisations confrontés à des situations complexes.
Le nom porte donc une origine et une exigence : être attentif aux signaux faibles, capable de réponse et ancré dans le réel.
CE QUI DEMEURE
Le dispositif se construit à partir des personnes, du contexte et de la question à résoudre.
Les sources doivent pouvoir être reliées, discutées, corrigées et réutilisées.
Elle aide à structurer et questionner ; elle n’est ni oracle, ni décideur, ni représentant du collectif.
Les règles, finalités et limites des systèmes doivent rester ouvertes à la délibération.
SOURCES & ARCHIVES
Une sélection de ressources externes et de traces du projet. Leur lecture permet aussi de voir comment les idées ont évolué.
ET MAINTENANT ?